News

  • Programme

Interreg Euro-MED tel que vous le voyez : 5 enseignements de notre consultation 2025

04/06/2026

Depuis 2022, le Secrétariat Conjoint du Programme Interreg Euro-MED recueille annuellement les perceptions de ses parties prenantes dans le cadre d’une consultation.

En 2025, cette consultation a exploré les points forts et les marges de progression dans la mise en œuvre du Programme et de sa stratégie d’amplification des résultats.

Découvrons ensemble ce que vous en pensez et la manière dont vous nous percevez !

1. Une diversité de projets soulignée et appréciée

Recueillant 55 % des réponses, la diversité et la qualité des projets financés constitue selon vous le premier point fort du Programme.

De fait, les différentes typologies de projets thématiques proposés – étude, test, transfert, stratégique territoriaux – sont un atout de différenciation et une preuve d’innovation du Programme.

À noter que l’étude a été conduite en Novembre 2025 (voir méthodologie en bas de page), avec 96 projets déjà en cours. La plupart d’entre eux achèveront leurs activités entre 2026 et 2028.

En expression libre, les répondants ont souligné :

  1. La capacité du Programme à intégrer sans cesse de nouveaux acteurs dans la coopération transnationale.
  2. Sa capacité à porter une stratégie d’avenir pour la Méditerranée.
La qualité clé d’Interreg Euro-MED réside dans sa capacité à transformer des initiatives dispersées en une feuille de route stratégique commune autour des priorités clés pour toute la Méditerranée. (…) La stratégie globale et la coordination entre les différents projets, ainsi que la variété des projets capables de répondre aux différents défis à relever.

La possibilité de permettre un financement ciblé pour mettre en œuvre des politiques de durabilité innovantes, en particulier pour les petites collectivités locales/autorités publiques qui n’ont généralement ni la capacité ni le savoir-faire pour accéder à des financements via des mécanismes plus complexes ou des fonds traditionnels.

Les répondants soulignent aussi la capacité du Programme à avoir déjà engagé 86 % de son budget 2021-27, ainsi qu’une attente de poursuite de la simplification des procédures. Cela sera l’un des enjeux majeurs du passage à une approche basée sur la performance sur la période 2028-2034.

Rapidité et proactivité, car vous êtes les premiers à chaque étape des cycles de programmation. (…) Le professionnalisme du Secrétariat Conjoint, toujours disponible pour soutenir les projets et déterminé à tirer le meilleur parti du Programme.

La complexité administrative et les exigences de reporting lourdes, qui peuvent décourager les acteurs les moins expérimentés ou ralentir la mise en œuvre. (…) Avoir plus de flexibilité pour la mise en œuvre des activités et du budget.

2. Une dynamique de capitalisation reconnue et à renforcer

Pour près d’un quart des répondants, la capitalisation des résultats est le principal point fort du Programme, à savoir la mise en œuvre d’une stratégie d’optimisation des résultats (13 %) et la mise en place de projets de gouvernance pour chapeauter chacune des quatre missions (13 %).

La coopération régulière entre les projets de gouvernance et avec le Secrétariat Conjoint favorise le sentiment d’action conjointe, contribue à la co-conception d’actions transversales et est la clé du succès pour construire une stratégie globale pour une région plus durable.

Je mentionnerais la stratégie de capitalisation, qui s’appuie sur les résultats des projets précédents sans réinventer la roue !

Reconnues et soulignées, ces innovations 2021-2027 ne sont pas sans marges d’amélioration pour la prochaine programmation. Plusieurs répondants formulent des propositions pour simplifier le fonctionnement des missions et projets de gouvernance.

Une solution pourrait être, pour la prochaine période de programmation, de n’avoir qu’un seul projet de gouvernance travaillant sous une mission, avec un partenariat élargi qui fonctionne en deux sous-groupes sur les deux volets (communauté et institutionnel). (…) Un seul consortium de gouvernance par mission – même avec plus de partenaires et de financement alloué – fonctionnerait mieux.

Des directives plus claires sur la manière dont les projets thématiques doivent interagir avec le Programme Interreg Euro-MED et les Communautés : synergies avec d’autres projets, contribution à la Euro-MED Academy, etc.

3. Mieux communiquer les résultats des projets auprès des collectivités et du secteur privé

Les répondants sont clairs: la capitalisation doit avant tout s’adresser aux décideurs. En effet, seule la moitié des répondants pensent que les résultats des projets sont bien ou très bien connus des décideurs (51 %). À l’inverse, 31 % estiment qu’ils ne sont que partiellement connus, et 18 % peu ou très peu connus.

Quels décideurs cibler en priorité ? Les autorités locales et régionales sont citées en premier lieu (69 %), devant le secteur privé (44 %). Ce dernier devance notamment les institutions européennes (38 %), les ONG (29 %) ou encore les stratégies macrorégionales ou de bassin (24 %).

Pour les répondants, la mobilisation du secteur privé dans la mise en œuvre des résultats et la conduite du changement doit être accrue, ce qui inclut le secteur privé non lucratif, puisque les ONG sont citées par 29 % des répondants.

Beaucoup des solutions développées ont une grande valeur, mais elles peinent souvent à atteindre les décideurs politiques, les administrations locales et les opérateurs privés qui pourraient les appliquer en pratique.

Le programme devrait financer des démonstrateurs et des sites pilotes pour améliorer sa visibilité et son impact auprès des décideurs, ainsi qu’impliquer le secteur privé pour cibler les enjeux territoriaux.

4. Amplifier les résultats auprès des décideurs : impact, intégration, lobbying

Pour convaincre les décideurs, les répondants insistent sur la nécessité de démontrer l’impact local concret des projets, de viser un alignement avec les stratégies nationales et de renforcer la diffusion et la promotion des résultats, aussi bien par les projets que par le Programme.

En d’autres termes, obtenir un effet de levier à partir de success stories concrètes, réplicables et pouvant être mises à l’échelle.

Inclure et financer des plans de diffusion efficaces au niveau régional et local dans le cadre des engagements du projet. (…) Diffuser l’impact territorial des résultats, les résultats tangibles des investissements.

Lobbying. (…) Présence permanente dans les lobbies européens. (…) Inclure les ONG et les organisations de la société civile comme partenaires. (…) Cibler des décideurs clairs dans chaque mission et les aborder par le biais des projets de gouvernance, des actions de lobbying. (…) Il faut s’améliorer en assurant une meilleure intégration avec les stratégies nationales.

5. Le Mécanisme Multiprogramme Méditerranéen : une opportunité en matière de visibilité et d’influence

Pour 53 % des répondants, le MMM constitue une opportunité pour ses Programmes membres de mieux travailler ensemble et d’étendre leurs réseaux de partenaires. 48 % y voient également un moyen d’augmenter leur influence sur les politiques publiques de l’aire méditerranéenne.

Initiative récente, le MMM doit toutefois encore s’implanter dans le paysage : seuls 40 % des répondants déclarent avoir reçu des nouvelles du Mécanisme lors de l’année écoulée.

Le lancement en 2026 de deux actions phares – un appel à projets coordonné et la mise en place de visites inter-projets et inter-Programmes – offrira des possibilités en matière de diffusion comme de capitalisation. Ce dernier point est largement souligné par les répondants.

.

Le succès de l’appel à projets coordonné du MMM dépendra de l’assurance d’une appropriation régionale réelle des solutions développées et de l’implication forte du secteur privé dès le départ, afin que les projets soient à la fois alignés sur les politiques et prêts pour le marché.

Un engagement réel pour transférer et étendre les solutions les plus efficaces. (…) Cibler les cas pilotes réels et évolutifs pour des défis touristiques concrets. Un ensemble clair de directives sur la manière dont ces projets doivent développer des synergies et une fertilisation croisée avec d’autres programmes et initiatives de l’UE.

Methodologie de l'enquête

Le questionnaire de consultation 2025 a été transmis aux parties prenantes du Programme Interreg Euro-MED du 15 novembre au 15 janvier 2025. Il comprenait 9 questions fermées (choix uniques ou multiples) et 8 questions ouvertes d’expression libre.

45 répondants, issus majoritairement des 14 pays de l’aire de coopération du Programme, ont répondu au questionnaire. Bien que la valeur statistique des réponses demeure limitée, du fait d’une marge d’erreur importante (±14 %), ces résultats constituent pour le Secrétariat Conjoint une source d’information à relier à d’autres (échanges formels et informels, résultats des projets, stratégies, etc.).

Les informations contenues dans cet article viennent ainsi corroborer des réflexions menées et entendues dans d’autres cercles.