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Histoires de capitalisation #3: L’Art de Construire son Partenariat

02/04/2026

Nous voici arrivés au dernier chapitre de notre série consacrée à la capitalisation ! Après avoir exploré comment capitaliser sur ses propres résultats et les transformer en véritables leviers d’impact territorial, place désormais à un enjeu central : le choix des partenariats.

Pour clore cette série, replongeons dans les projets AZA4ICE, LOGREENER, MPA4CHANGE, TO CARE MED et WE GO COOP. Leurs expériences nous donnent les clés pour bâtir le partenariat le plus opérationnel pour un projet réussi.

Trois manières de (re)construire son partenariat

Lorsqu’un projet décide de poursuivre l’aventure, une question stratégique se pose pour le lead partner : avec qui continuer ? Plusieurs options s’offrent alors à lui.

La première option consiste à poursuivre l’aventure avec la grande majorité du partenariat déjà en place. Un choix qui permet de conserver méthodes de travail, processus établis et surtout vision commune du développement du projet.

Cette approche a été privilégiée par le projet MPA4CHANGE, anciennement MPA Adapt et MPA Engage : « Disposer d’un noyau dur partageant une compréhension commune et une vision alignée pour développer les outils a été déterminant pour la réussite du projet. Dans MPA Adapt, nous avons investi beaucoup de temps pour harmoniser nos approches ; si nous avions changé de partenariat pour le projet suivant, il aurait fallu reprendre tout ce travail d’alignement depuis le début » indiquent Nicolas Espitalier, consultant chez B.Link, et Joaquim Garrabou, chercheur à l’Institut des sciences de la mer de Barcelone.

Les deux autres options relèvent d’une stratégie de renouvellement du partenariat :

  • Le renouvellement quasi-total du partenariat : particulièrement pertinent lorsque l’objectif est de transférer les résultats vers d’autres territoires. C’est le choix qu’a fait le projet TO CARE MED, qui s’appuie notamment sur les résultats des projets SHAPE TOURISM et ALTER ECO, afin de confronter son outil Tourism Carrying Capacity Limit (TCCL) à d’autres destinations touristiques. “Le projet, initialement centré sur les villes côtières, s’étend désormais aux zones rurales”, expliquent Raffaella Lioce et Nicola Camatti.
  • Le renouvellement partiel du partenariat : privilégiée par la majorité des projets, cette approche hybride permet d’intégrer de nouvelles compétences tout en élargissant l’impact du projet.

Car pour passer à l’étape suivante, un projet doit souvent changer d’échelle.

La question devient alors essentielle : comment intégrer efficacement de nouveaux partenaires dans une dynamique partenariale et un projet déjà en mouvement ?

Elargir le partenariat : expertise, diversité géographique, relais institutionnels.

Élargir un partenariat ne se résume pas à ajouter de nouveaux noms à un consortium. Il s’agit avant tout d’identifier les nouvelles compétences nécessaires pour faire évoluer le projet.

La première étape consiste donc à dresser un état des lieux des expertises déjà présentes au sein du partenariat et à repérer celles qui manquent afin d’enrichir le projet sur les plans technique, institutionnel et stratégique.

Yolanda Nicolau, coordinatrice, et Francesco Filippi, partenaire technique du projet LOGREENER – qui repose sur LOCAL4GREEN, PRISMI et COMPOSE – expliquent ainsi avoir conçu leur partenariat “selon la valeur ajoutée que chaque organisation peut apporter au partenariat : compétences techniques en outils de transition énergétique, capacités de diffusion, etc. Il est essentiel de choisir chaque partenaire en fonction des besoins du projet et de la valeur ajoutée qu’il apporte.”

Mais l’expertise n’est pas le seul critère. L’élargissement du partenariat répond également à un autre enjeu majeur : assurer une diversité stratégique et géographique d’acteurs. Autorités publiques, universités, instituts de recherche, ONG, PME… cette approche multi-acteurs est essentielle « obtenir des retours variés et intégrer de nouveaux pays afin de mieux comprendre les différents besoins des bénéficiaires » souligne Romina D’Ascanio, chercheuse et chargée de communication du projet WE GO COOP, qui fait suite aux projets WetNet et TUNE UP

La dimension géographique joue également un rôle clé : intégrer des partenaires issus de contextes socio‑écologiques variés permet de tester les outils dans des environnements différents, renforçant ainsi leur robustesse et leur réplicabilité à l’échelle de l’ensemble de la zone méditerranéenne.

Enfin, les nouveaux partenaires sont sélectionnés pour leur « capacité à atteindre de nouvelles autorités locales» révèlent Yolanda Nicolau et Francesco Filippi, du projet LOGREENER. L’objectif est clair : renforcer la capacité du projet à influencer les politiques publiques locales, nationales et régionales. Dans cette perspective, le projet a notamment « choisi des agences énergétiques, des associations de municipalités ou d’autres organisations qui travaillent habituellement avec les autorités locales dans des zones qui n’étaient pas couvertes par les projets précédents. »

Cette démarche répond à l’objectif ultime de la capitalisation : faciliter le transfert des résultats et favoriser leur adoption par les décideurs publics, afin d’assurer un véritable impact politique et territorial.

Conseils et bonnes pratiques pour intégrer de nouveaux partenaires

Intégrer de nouveaux partenaires dans une dynamique de projet déjà établie comporte plusieurs défis : les insérer à un workflow existant, les familiariser avec les méthodes de travail et les inscrire rapidement dans la logique du projet.

Pour relever ces défis, les projets s’appuient sur plusieurs leviers complémentaires :

  1. Structurer l’onboarding autour de la culture de travail du projet

Cette première étape consiste à assurer une compréhension commune du cadre de travail et des objectifs du projet.

Thanasis Koukounaris et Konstantina Marousi, coordinateurs du projet AZA4ICE – qui s’appuie sur les travaux du projet BLUEfasma – expliquent que les nouveaux partenaires « ont reçu une présentation complète des résultats, méthodologies et livrables des projets précédents. Ils ont été familiarisés avec la culture de travail, les canaux de communication et les outils collaboratifs (par exemple : plateformes partagées, ateliers de co‑création, réunions du comité de pilotage)”.

  1. Favoriser l’appropriation via des méthodes participatives

Au-delà de la transmission d’informations, l’intégration repose sur la capacité des nouveaux partenaires à s’approprier concrètement le projet. Les méthodes participatives jouent ici un rôle clé. Ainsi, le projet WE GO COOP a opté pour la méthode de roadshow, où les partenaires les plus expérimentés accompagnent les nouveaux dans le déploiement de leurs activités.

Comme l’indique Elisa Avellini, chercheuse à l’Université Roma Tre: “Les partenaires les plus expérimentés ont aidé et accompagné les nouveaux partenaires dans le développement du processus participatif sur leur territoire. Nous, à Roma Tre, avons eu l’occasion de travailler avec les partenaires albanais – l’organisation non gouvernementale Protection and Preservation of Natural Environment – et nous étions régulièrement en contact en ligne pour comprendre comment ils mettaient en place leur processus localement, identifier d’éventuels problèmes ou besoins, et leur fournir des conseils sur l’organisation de chaque réunion locale.”

  1. Co-construire un workflow adapté grâce à une approche bottom-up

L’objectif final n’est pas de simplement reproduire ou dupliquer des méthodes de travail existantes, mais bien de coconstruire un nouveau workflow, adapté à la diversité des partenaires et des contextes. Dans cette perspective, l’approche bottom‑up est essentielle : elle permet à chacun d’apporter ses perspectives, expériences et besoins.

Les nouveaux partenaires doivent ainsi être pleinement écoutés et impliqués dans l’évolution des outils, des pratiques, mais aussi dans l’évolution du projet en lui-même. C’est ce qu’illustre le projet LOGREENER qui a partagé un questionnaire avec l’ensemble des partenaires impliqués dans l’application de la boite à outils développée par le projet : afin de déterminer quelles fonctionnalités de la boîte à outils nous devrions modifier ou améliorer en fonction des besoins des partenaires et partenaires associés » concluent Yolanda Nicolau et Francesco Filippi. Cette démarche permet d’adapter les outils aux besoins réels du partenariat et des nouveaux territoires impliqués.

Il est évident que l’ensemble de ces démarches repose sur un élément transversal indispensable : une communication claire, structurée et régulière afin d’instaurer un climat de confiance entre les partenaires, indispensable au bon fonctionnement du projet.

Vous avez désormais toutes les clés pour construire un partenariat opérationnel et poursuivre le développement de votre projet avec succès.

Qu’attendez-vous pour passer à l’action ?

Lisez les deux premiers chapitres de notre série « Histoires de capitalisation »